Laisser sa chance au produit

J’ai beau connaître absolument tous les travers des réseaux sociaux, je n’arrive pas à décrocher. J’utilise LinkedIN. J’aime bien Facebook. J’adore Instagram. Je n’ose regarder le temps que je leur consacre. Je le sais : je suis accro.

Une proie facile pour les infuenceurs

Jusqu’à présent, j’arrivais à me contrôler. Je cédais aux seules sirènes de ma copine influenceuse Clémentine. Et c’est ainsi que ces stories m’ont fait dégainer ma CB pour des culottes et du CBD.

Mais là, il faut se rendre à l’évidence, je suis passée à un autre stade de mon addiction. Je me suis laissée aller à la tentation du swipe up d’une parfaite inconnue. En un tout petit mouvement de doigt sur l’écran de mon smartphone, me voilà atterrie sur le site d’une box littéraire.

La littérature : mon fardeau

Littéraire, un mot qui, en temps normal, me fait fuir. J’ai, en effet, été traumatisée par une armada d’enseignants plus intéressés par décortiquer les textes tels des chirurgiens sans âme que par faire saisir les émotions des histoires à leurs élèves.

Mais en décidant de mettre l’écriture au centre de mon travail, il me faut bien de temps à autre sortir de cette si fameuse zone de confort. Pour écrire sur tout et n’importe quoi en me baladant dans une multitude de tonalité, il me faut alimenter la machine. Lire des textes les plus variés possibles est la seule solution que j’ai trouvée pour ne pas être trop souvent confrontée à cette fameuse angoisse de la page blanche. Aussi, même si je n’ai pas un élan naturel pour la fiction, de temps en temps je me bouger le popotin pour nager dans ces eaux peu familières.

La promesse

En arrivant sur le site de la fameuse box littéraire, je me laisse séduire. « Promis, juré, craché, on va vous trouver un livre que vous allez kiffer »

Pour espérer tenir le graal entre mes mains, je remplis un formulaire. La question primordiale est « Vous souvenez vous d’un livre un peu comme ça que vous avez adoré? » Un peu partout sur le site, les créateurs de ce concept me laisse entendre qu’il n’y a pas de plaisirs de lecture inavouables. Je peux donc écrire tout ce que je veux. Et ils sauront me trouver un bouquin qui me procure le même plaisir.

Tenter sa chance

Je me lance. J’indique « Toute la beauté du monde » de Marc Esposito. Une histoire d’amour dégoulinante, dans un Bali décrit comme paradisiaque, lue il y a une quinzaine d’année.

Ma demande est transmise à une libraire partenaire du projet. Quelques jours plus tard, je reçois un petit mail me racontant le pitch du livre qu’elle a choisi pour moi. Banco! Je le veux.

Va falloir que je me motive

Au bout d’une quinzaine de jours, je reçois la fameuse box. Au milieu de petites surprises adorables, je découvre en chaire et en page le fameux livre.

La couverture ne m’a pas mis dans un état d’excitation folle. Je m’apprêtais à devoir subir de longues descriptions et autres moments d’introspection qui tournent en rond. Je m’attaque à la quatrième de couverture espérant qu’elle vienne me titiller. « grande enquête politique » « conscience sociale »… Je me sens trahie! Je voulais du léger, du romantique dégoulinant, du gnan-gnan. Allais-je donc devoir subir le choix d’un libraire refusant le plaisir facile, militant pour une « noble » littérature engagée ?

Sans grand espoir, je me lace dans la lecture.

Donner sa chance au produit

C’est l’histoire d’un rédacteur. Mon métier ! Il est évident que je ne peux pas lâcher le livre au premier chapitre!

C’est l’histoire d’un rédacteur cinquantenaire. Parfait ! Vu la difficulté à vivre mes ahantes ans, je sais à présent qu’il me faudra bien une décennie pour franchir les 50. Dans son roman « Le dernier testament de Maurice Finkelstein », ma copine Sophie Delassein m’a bien prévenu. 50 ans, c’est une autre paire de manche :

« Je venais de passer le cap de la cinquantaine. Seules les Valérie, les Laurence, les Isabelle et les Sylvie de ma génération savent qu’on franchit ce check point en rampant, le cabas du Monop alourdi par le cumul des mandats, les souvenirs encombrants, quelques trahisons.(…) 50 ans, l’âge critique où on gère notre quotidien et celui des autres. La génération qui nous précède et celle qui nous succède. Nos parents/nos enfants. »

Contrairement à « Toute la beauté du monde », l’Inde est décrite sans aucun enjolivement. Voilà de quoi venir me réconforter sur la décision de mon non-voyage dans ce pays il y a 15 ans.

Pas de balcon à la Roméo et Juliette, pas de déclaration à la Cyrano. Juste une écriture vive, amusante et parfois cynique qui me fait dévorer ce pavé.

Quant à la fameuse enquête politique, je n’en ai pas vu la couleur. A se demander si l’auteur du résumé a vraiment lu ce roman, contrairement à la libraire du Kube !

Un bon moment de lecture qui pourrait bien me réconcilier avec la fiction. Je retente ma chance le mois prochain en demandant au Kube un policier!

Et vous, comment faires-vous pour trouver des histoires qui vous plaisent?

4 commentaires à propos de “Laisser sa chance au produit”

  1. J’avoue avoir déjà beaucoup trop de livres dans mes bibliothèques qui me font très envie ! Du coup en ce moment j’essaie de ne pas céder à la tentation de remplir les étagères encore plus ! Mais j’ai vu passer plusieurs fois la pub pour Kube et je pense que je finirais par offrir un abonnement à une amie !

    • Ne cède pas car tu as un déménagement prochainement! Les livres, c’est lourd….

      J’ai pris un abonnement pour mon fils (oui j’avoue c’est mon alibi pour la littérature jeunesse) et j’ai offert 3 cartes ce week-end !

  2. Je cède souvent et je vais dans ma librairie préférée « Vivement dimanche » à la Croix-Rousse. J’ai deux bonnes raisons, 1 ; la survie des librairies, j’y crois ! 2 un-e vrai-e libraire a de précieux conseils qui me font découvrir de vraies perles… pour moi.
    Résultat, je cherche un site, un magasin … pour emporter une partie de ma bibliothèque en vue d’un déménagement à moyen terme !

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