Les premiers mois à Poudlard

La rentrée passée, j’ai réussi à retrouver le sommeil. Il faut dire qu’avec le rythme acharné imposé par Poudlard, à 21 h je suis au lit.

Je savais qu’il allait falloir entrer dans le moule sans en avoir le mode d’emploi. Mais j’étais prête. J’ai moi-même été dressé dans une sorte de Poudlard, même si mon Poudlard à moi ressemblait davantage à un Alcatraz : des murs très hauts, aucune végétation et une grille à l’entrée.

J’étais prête à tout affronter et j’ai tout affronté. L’emploi du temps qui change chaque semaine, le cartable à faire tous les soirs, le cahier de textes, les évaluations obscures… j’étais prête à tout.

Jusqu’au jour où les forces du mal m’ont défiée.

Vous vous souvenez de la manière dont on nous a amadoués avec la cantine? « Ne vous inquiétez pas, tous les enfants mangeront « … « nous ferons en sorte qu’il passe un moment agréable pendant le repas« …. En boucle, une gentille dame a acheté notre silence. J’étais entrée en transe. À deux doigts de me mettre à danser tel un derviche tourneur.

Les fourbes!

Quelques jours après, ils ont déclaré la guerre. Bien entendu, ils y sont allés sournoisement. Ils n’ont pas sorti la grosse Bertha. À Poudlard, on est moderne. On se bat avec les armes de notre temps. À Poudlard, c’est avec École Direct qu’on cherche à mettre à terre les parents, ou plus exactement les mères!

Quiconque a déjà approché Ecole direct sait les ravages psychologiques que ce site Internet peut créer sur le commun des mortels. Si vous avez affaire un jour à cette plateforme, munissez-vous de Xanax. Il vous faudra au minimum 5 jours pour arriver à vous connecter.

Mais à Poudlard, on sait que les parents sont des coriaces. À Poudlard, on sait que venir à bout des parents, il faut faire encore plus fort.

C’est avec Scolaweb qu’ils entendent avoir raison de nous.

Scolaweb est l’outil du mal qu’ils ont choisi pour que les familles paient la cantine. Ah je vous vois les moldus! Vous croyez qu’avoir une plateforme est bien plus simple que le bon vieux chèque de mamie! Bande de naïfs…

Pour vaincre Scalaweb, il m’aura fallu une dizaine de mail à deux services différents pour obtenir le grâal : les codes d’accès.

Au neuvième, ils ont fini par cracher le morceau : Poudlard ne me considère pas comme le responsable légal de Petit Bouchut. Par conséquent, c’est le mâle dominant de la famille qui peut accéder à l’outil maléfique…

Poudlard vit dans un monde parallèle. Poudlard ne considère pas que le fait de s’être fait ravager le corps par 9 mois de grosses et un accouchement ne nous arroge quelque droit. Le fait d’avoir le droit de vote, certes seulement depuis 1945, n’est pas suffisant pour avoir quelques considérations. Le fait de me cogner tous les devoirs et autres révisions d’éval, c’est pipi de chat à côté du fait d’avoir un bite.

Et bien, sachez chers lecteurs, que malgré toutes ces vilaines pensées que j’ai eues, j’ai su garder mon calme et même (!) mettre des formules de politesse dans ma réponse.

Voyez, cher lecteur, je crois que mes ahante-et-un an m’ont fait acquérir une sorte de sagesse digne des grands moines tibétains. J’ai su contrôler mes pulsions les plus morbides. J’ai fait preuve d’empathie, de compréhension.

Non, chers lecteurs, ce ne sont pas des vieux cons de machos qui habitent Poudlard. C’est simplement que Poudlard a fait un voyage dans le temps et qu’il n’a jamais pu revenir au XXIe siècle.

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