Lettre à Manu : c’est un long roman d’amitié qui s’élance

Salut Manu,

Quelle nuit de folie ! J’ai rien dormi. Je n’en reviens pas que tu te sois enfin lancé… Oh mon Dieu ! Je t’en prie : brûle cette missive dès que tu l’auras lu. Je ne voudrais pas que Brigitte sache…

Oh Manu, Manu, Manu, Manu!

Dire qu’hier après-midi encore je m’agaçais de tes silences…

Oh… Manu… Manu… Manu… Manu…

Tu es fou. A 20h04. Toi. Moi. Nous.

Manu…

Un clin d’œil que seule je perçois. Et tu te lances : Marie-Corentine, Jean-Luc, Gérald, Lucas, Rosalie, Romain, Arno, Cyrille, Rémi, Tanerii, Dorian, Quentin, Mehdi, Wendy et enfin Mauricette!

Hier à 20h04, tu tentes de t’essuyer les pieds sur les discours politiques froids. Hier à 20h04, tu t’essaies à ma technique de communication favorite, le storytelling. Hier à 20h04 tu tentes de mettre un peu d’humanité dans ton discours en racontant des histoires. Hier à 20h04 entre ligne tu hurles au monde entier

« Pour votre communication, faites appel à Anne-Lise Bouchut, la grande spécialiste du storytelling ! »

J’en avais les larmes aux yeux.

Alors c’est vrai que ta manière te dire ton texte était un peu pataud. C’est vrai ça aurait mérité d’être un peu plus répété pour qu’on y croit vraiment. Mais l’essentiel est ailleurs. L’essentiel est le signe que tu me lances.

Oh… Manu…

Je serai toujours à tes côtés. Quoi que tu fasses, je te soutiendrai.

J’avais commencé à écrire un petit texte sur toi et ta gestion du monde de la culture. Mais mon brouillon n’est qu’un tissu de mauvaise foi. Maintenant que je sais combien je suis importante dans ta vie, je ne ferai plus jamais preuve de perfidie dans mes textes.

Cette fin d’année, j’ai travaillé avec une compagnie de théâtre. Franchement tu as bien fait de faire taire ces troubadours. Et vas-y que je rigole sur mon temps de travail. Et vas-y que je réfléchis. Et vas-y que je cherche à écrire des pièces pour faire réfléchir les gens. Non, mais oh! Sérieux! Où vont-ils?

Parce que si on commence à faire en sorte que les gens se cultivent et développent leur esprit critique, comment va-t-on faire pour qu’ils se plient à tes réformes? On ne va quand même pas passer des mois à négocier. Et puis pensons à ces pauvres députés. Si les gens ne sont pas d’accord, ils vont devoir se coltiner des nuits entières de débats à l’Assemblée. Ils ont quand même d’autres chats à fouetter!

Tu as donc raison de tenir clos tous ces lieux de perdition. L’idée de fermer pendant quelque temps les rayons livres des supermarchés était effectivement grandiose. Tu as eu totalement raison. Si Jeannine, entre un poireau et un paquet de papier toilette, se met à acheter et lire un Marc Lévi, elle risque d’y prendre goût. Pire encore! Elle risque d’aller dans une librairie ou une bibliothèque pour se procurer des romans d’autres auteurs. Et là…. c’est la fin des haricots!

Depuis que les librairies ont pu rouvrir, je te trouve pisse-petit. Tu as réussi à maintenir fermés les musées. Mais tu as cédé sur les lieux de culte. Grave erreur.

L’autre jour, je suis montée à la basilique de Fourvière. Je peux te dire que là-bas dedans il y avait un paquet de mécréants qui étaient juste là pour se prendre un bol de culture. Rien à cirer de la prière. Ils étaient juste là pour admirer les statues. Tu n’es pas sans savoir que l’art sculptural est tout aussi dangereux que les livres. Je suis à peu près sûre qu’une fois rentrés chez eux, certains sont allés sur Internet chercher des informations sur l’histoire et tout et tout… et de fil en aiguille… Oh non! Ils se sont cultivés!

Il faut arrêté ça tout de suite ! Obligeons les lieux de cultes à cacher toute forme d’art! Demandons à des couturières bénévoles de confectionner des centaines de cagoules pour les statuts ! Arrêtons tout de suite l’évolution des esprits !

Oh Manu ! Manu ! ManUUUUUU ! Toi. Moi. Nous. Faisons de grandes choses ensemble en 2021!

Je t’aime,

Anne-Lise

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