Mission collège : à la conquête de la lecture

Si dans la grande loterie de l’école vous avez eu de la chance de tomber sur une équipe pédagogique qui a pris à bras le corps la question de la littérature jeunesse, passez votre chemin ! Cet article ne vous apprendra rien.

Sinon restez !

Pas de chance à la grande loterie

Vous l’aurez compris Petit Bouchut n’a pas fait partie des chanceux et s’est retrouvé dans une école avec une ambition ras des pâquerettes. Pourtant ça n’avait pas trop mal commencé en CP. Certes l’apprentissage de la lecture était fortement axé sur le décodage. Mais c’était fait avec une approche intelligente et surtout avec coeur et bienveillance. Par la suite, ça s’est drôlement gâté. En classe, les enseignantes sont restées focalisées sur le décodage et la lecture à voix haute. La littérature jeunesse, c’était uniquement pour les vacances avec obligation de lire un livre et de faire une fiche de lecture.

Le choix des livres était laissé libre. Toutefois il a bien été précisé aux élèves : « Vous pouvez choisir le livre que vous voulez. Mais pas n’importe quoi non plus ». Que faut-il entendre pas « pas n’importe quoi? » Mystère et boule de gomme. Je pris donc mon téléphone pour demander à Tatie Cécile, enseignante depuis belle lurette et adoratrice de la littérature jeunesse, quel livre pourrait faire plaisir aux maitresses.

Quant aux fameuses fiches de lecture avec résumé, je savais qu’il était absolument inutile de faire remarquer que cette compétence était impossible à mettre en œuvre par des élèves de CE1/CE2 car ils n’avaient pas encore construit les outils cognitifs. J’ai donc pris sur moi et laissé faire la vie. Pour avoir la paix pendant les vacances, une fois j’ai proposé à Petit Bouchut de négocier avec Tatie Cécile pour qu’elle lui fasse sa fiche de lecture. Il m’a répondu que ce n’était pas bien de tricher.

Petit lecteur, Grand lecteur?

N’allez pas croire que Petit Bouchut n’a lu que sous cette contrainte. Effectivement le livre obligatoire à chaque période de vacances scolaires était une tannée. Mais il lisait quand même tout un tas de trucs.

Ces derniers temps, on m’a d’ailleurs souvent dit « oui mais toi ton fils il lit vachement ». Pour moi, un enfant qui lit vachement c’est un enfant qui s’enferme toute une après-midi dans sa chambre pour lire. Quand j’ai dit ça à Tatie Cécile, il m’a dit d’arrêter de regarder France 5. Y a qu’à la télé qu’on voit ça. Enfin si ! Elle a vu ça une fois en 20 ans de carrière. Dès qu’il avait 5 minutes entre deux exercices à l’école, le gamin lisait, lisait, lisait, lisait. Mais ça non plus, ça ne lui a pas réussi. Avant d’avoir Tatie Cécile comme maîtresse, il s’était souvent fait punir pour cet excès de lecture.

Et oui, à l’école il faut lire, les bons livres au bon moment.

Mais pour en revenir à Petit Bouchut, en y réfléchissant bien, c’est vrai qu’il lit pas mal. Entre 30 min et 1 heure par jour en dehors de l’école. Ce qui est bien plus que moi.

Et jusqu’à il y a quelques mois, je le laissais lire ce qu’il voulait

Passer le cap

Et puis cette année au début du CM1, j’ai dû lui faire passer les évaluations nationales de fin de CM2. C’était la condition sine qua non pour qu’il arrête de s’ennuyer comme un rat mort et qu’il puisse aller directement en 6ème. Je sais. Vous vous demandez pourquoi c’est moi qui aie dû me coltiner ces satanées évaluations… Mais ce n’est pas le sujet. Il a réussi à décrocher son ticket d’entrée pour une autre aventure. Là est bien l’essentiel.

Et dans ces magnifiques évaluations, les élèves doivent se farcir des textes longs, chiants et assez complexes d’un point de vue syntaxique, alors même que rien n’a été fait en classe pour les accompagner vers cet objectif (en tout cas dans l’école de Petit Bouchut)

Petit Bouchut a réussi l’épreuve. Mais je me suis quand même dit qu’il allait falloir prendre le taureau par les cornes et le préparer à devoir livre des « gros » livres plus complexes que ce qu’il avait l’habitude de lire. Comme tout un chacun, un jour où l’autre, il aura entre les mains un Zola, un Stendhal ou un Malraux. Et autant faire se peut que ce ne soit pas une torture pour lui.

Entrer dans le dur

Alors quand je vous dit que Petit Bouchut lit entre 30 minutes et 1 heure par jour, je compte dans ce temps la lecture à voix haute que Monsieur Bouchut et moi lui faisons.

Chaque soir, il y a le livre qu’il lit avec moi, le livre qu’il lit avec Mr Bouchut et le livre qu’il lit tout seul. Rassurez-vous ce n’est pas une règle imposée et issue de je ne sais quel expert en psychologie positive. Non, c’est juste un truc qui s’est mis en place comme ça. Je rêve souvent que ça s’arrête pour pouvoir avoir la paix le soir. Mais rien à faire. Petit Bouchut insiste. Chaque soir, faut que je lise. Parfois je m’imagine avec Petit Bouchut en classe de Terminale… Pitié! Faites que ça s’arrête un jour! Je veux pouvoir être pénarde le soir dans mon lit à scroller comme une folle sur les réseaux sociaux!

Coincée pour coincée, autant faire en sorte d’arriver à travers la lecture à voix haute à lire des livres plus complexes et plus gros. Après quelques appels à Tatie Cécile, quelques recherches sur Internet et un cadeau d’une copine, j’ai réussi à trouver une sélection qui a plu à Petit Bouchut. (je vous présenterai les livres au cours des prochaines semaines)

Bibliographie « officielle » d’entrée en 6ème

Le collège que nous avons choisi pour Petit Bouchut semble plus intéressé par les élèves que son école primaire. Aussi pour aider les parents à choisir des livres pour leur futur collégien, ils nous ont transmis une bibliographie. Il s’agit de propositions de livres, pas de lectures imposées.

Je vous copie-colle cette fameuse liste. La semaine prochaine, avec Tatie Cécile, on vous préparera quelques articles pour vous raconter leur histoire et vous dire à quel type d’enfant ils peuvent plaire.

Si vous avez des questions ou si vous voulez nous partager votre expérience, n’hésitez pas à laisser un commentaire!

Le Petit Prince, A. de St Exupéry
L’appel de la forêt, J. London
Contes, C. Perrault, Frères Grimm, HC. Andersen
Charlie et la chocolaterie / Matilda, R. Dahl
L’Œil du loup / Cabot-Caboche, D. Pennac
La Grammaire est une chanson douce,
E.Orsenna
Les Pilleurs de sarcophages / Le Serment des
catacombes, O. Weulersse
Claudine de Lyon, MC. Helgerson
L’Omelette au sucre, JP. Arrou-Vignod
Le Coureur dans la brume, JY. Loude
Le Grimoire d’Arkandias, E. Boisset
Harry Potter, JK. Rowling
La Sixième, S. Morgenstern
La Bibliothécaire, Gudule
Les Contes de la rue Broca, P. Gripari
La Rivière à l’envers / L’enfant Océan, JC. Mourlevat
Histoires comme ça, R. Kipling
Quand Anna riait, Y. Hassan
Collection “Histoires noires de la mythologie” (Nathan)
La vengeance de la momie, E. Brisou-Pellen
L’œil d’Horus, A. Surget
Hélène de Troie, M. Goudot
La Création du monde, J. Cassabois
Les douze travaux d’Hercule, I. Pandazopoulos
Le Petit Nicolas, R. Goscinny
L’assassin est au collège, MA. Murail
Théâtre pour rire (collection Bibliocollège)

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