Ni James Bond Girl, Ni Indiana Jones

Juste deux semaines que nous avons repris. Et je rêve déjà de vadrouille.

Enfin quand je dis « je rêve » c’est une image ! En réalité, la nuit, mes vrais rêves sont beaucoup plus inattendus. Il y a trois jours je rêvais que mon mari s’extasiait à l’idée de manger du steak de rat, alors même que ça me répugnait. Avant hier je rêvais que je déjeunais avec Didier Raoult. Hier, ma nuit a été consacrée au renoncement d’un tube d’aloe vera en raison d’une file d’attente trop importante à la caisse. Si un psychanalyste passe par là, je lui saurai gré de s’abstenir de toute interprétation.

Heureusement, mon rêve diurne est moins torturé. Je rêve simplement de vadrouiller en roulotte.

Là je suis certaine qu’aucun d’entre vous ne s’étonne. Je sais d’ores et déjà que, tous, vous m’imaginer en aventurière. Il y a des images qu’on se traine sans trop savoir pourquoi. En fait si, je sais pourquoi. Il suffit de jeter un œil à ces quelques photos de vacances.

Turquie 2006 – aumilieu de gens vraiment chelou
Thailande 2008 – Je me casse avec mon sac à dos seule dans la jungle
Thailande 2013 – j’initie Petit Bouchut à la baroude
Tunisie 2018 – ai-je vraiment besoin de rédiger une légende
Irlande 2009 – avec des lunettes moches prête à défier le monstre du Loch Ness
Jura 2009 – ça caille mais je prends sur moi
Bali 2010 – j’ai chaud mais je lutte

Remarquez cette image de moi en grande aventurière intrépide baroudant à travers le monde, j’y cru moi-même. Pourtant à bien y réfléchir, il y a de nombreux indices qui auraient dû me mettre la puce à l’oreille.

En 2006, lors d’un trek en Turquie, j’ai lancé une fronde. Allez savoir pourquoi, mais le voyagiste avait prévu une nuit à la belle étoile alors même que les tentes nous suivaient à chacune des étapes. Sur le papier, avant d’être dans l’action, ça paraissait charmant. Mais une fois sur place, beaucoup moins. Après avoir marché des heures et des heures sous une chaleur accablante, je trouvais beaucoup plus sensé de conserver un minimum de confort. Attaquer une nouvelle journée, en ayant combattu les moustiques toute la nuit et en s’étant fait réveiller à 5 heures du mat par le soleil, je ne le sentais pas. J’ai donc organisé la rébellion. Les tentes ont été montées.

En 2008, à deux doigts du burn-out, je décide de fuir seule un mois en Thaïlande. Premier voyage en solitaire, j’assure mes arrières en réservant quelques hébergements grâce aux conseils du guide du routard. Pour sélectionner les guesthouses, un critère m’était absolument primordial : la douche chaude. Et quelques années plus tard, je me revois hurler à la mort sous une douche sans eau chaude dans une guesthouse, cette fois-ci à Bali.

En voyant cette photo de 2018 de moi sur un bateau en Tunisie, vous vous dites que j’exagère. Vous vous dites que si je peux braver les mers à la proue d’un bateau, c’est que l’aventure est bel et bien dans mon sang. Si vous saviez comme j’aimerai que ce soit vrai. Si vous saviez combien j’aimerai y croire… Mais est-ce qu’une aventurière irait dans un hôtel club all inclusive de Djerba et passerai plusieurs après-midi au spa?

Alors pourquoi sachant tout ça, je m’obstine à rêver de voyage en roulotte ?

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